Un article pas forcement très marrant mais que j’avais envie (besoin?) d’écrire.
Une de mes amis a mis un lien sur Facebook sur un reportage audio de France Culture et j’avoue qu’en temps normal, je n’aurai jamais cliqué, mais cet été en vacances j’étais tombé sur une de ces sequences audio à la radio et j’avais vraiment beaucoup aimé du coup j’ai cliqué.
Ce reportage audio rapporte des témoignages et séquences audios de différentes personnes sur le thème de la mort. Je vous laisse écouter, c’est hyper intéressant et pleins d’idées qui valent le détour.
Un peu "Arte" certes mais ca vaut le coup…
Bref, j’en arrive au fait, quelques jours après cela j’ai moi même appris le décès de quelqu’un, pas nécessairement quelqu’un de très proche mais quelqu’un qui avait fait partit de ma vie. Un décès violent qui m’a finalement pas mal troublée, choquée, et surtout rendue pleine d’un sentiment d’impuissance. J’ai finalement accepté, mis des mots sur ce que je ressentais mais cela m’a fait réfléchir.
J’ai repensé aux autres décès qui ont ponctués ma vie et surtout au fait, que mes études m’avaient amenées à en vivre plus que certaines personnes. Perdre quelqu’un de proche est une experience si particulière que même après avoir vu des patients mourir à l’hôpital, on a toujours le même bagage que n’importe qui d’autre face au deuil.
Il y a cette dualité dans la mort, que je ne retrouve pas du tout pourtant dans la vie, la distinction entre l’esprit et le corps. Perdre un patient, ca fait toujours un peu mal, mais finalement j’arrive toujours à voir cette perte comme une perte purement physique et ce qui fait mal finalement, c’est le retentissement sur soi même, ce sentiment d’echec et de trahison de la confiance que les gens avaient mit dans les membres du personnel soignant.
J’ai la chance de n’être qu’encore étudiante et de n’avoir pas la responsabilité de la vie des gens entre mes mains mais j’ai pu, au cours de mes stages, suivre des patients jour après jour et apprendre à les connaitre et à les écouter pour malheureusement les voir partir… J’appréhende le jour ou s’ajoutera à ce sentiment d’echec et de trahison, celui de culpabilité, celui qui vient avec la responsabilité que nous, externe en médecine, nous cherchons désespérément à avoir. A tord probablement… Je ne sais pas vraiment.
Quand un de nos proches nous quitte, ou même simplement quelqu’un qu’on a connu, c’est un tout autre sentiment, celui de perdre un esprit, un sourire, un regard, un moment qu’on a partagé et là finalement la cause n’a plus énormément d’importance et le côté physiologique ou pathologique de ce décès n’a aucune valeur. C’est une perte. Qu’elle soit significative pour soi même ou juste pour quelqu’un on aime, c’est une perte.
Je me suis rappelée mon premier rapport à la mort, et comment je n’ai toujours pas changé aujourd’hui et ou le sentiment est toujours le même, malgré les experiences que j’ai vécues.
Alors ma question, est-ce que cela fini par devenir moins difficile parce qu’on est médecin ? Je ne pense pas et au final je préfère rester ainsi, vulnerable et fragile face au départ des gens. N’est ce pas cela qui nous donne toute notre humanité dans notre pratique de médecin ?
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