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La guerre est déclarée.

14 sept

J’ai beaucoup de principes dans la vie, l’un d’eux : “oh les films français c’est toujours pareils, ç’est gonflant” et “j’aime pas les gens qui parlent de la médecine mais qui n’y connaissent rien” donc à priori ce film n’avait rien pour me plaire.

“La guerre est déclarée” c’est l’histoire d’un couple comme beaucoup d’autre à qui il arrive un truc vraiment par marrant : leur fils tombe malade.

Alors des films sur les enfants malades, ils en existent pleins et je doit avouer qu’ils sont tous très touchants mais que je me suis toujours dit : “si seulement c’était comme çà”. Mais là c’est différent, Valérie Donzelli réalise ici un film très personnel, très beau, trop beau. Une histoire qui vous touche personnellement tellement elle est pleine de réalisme.

Ici pas de sequences mélodramatiques, de la sincérité, surtout.  Ce film est juste. Les acteurs sont parfaits. C’est un chef d’oeuvre. Je n’ai pas peur de le dire.

Pendant 1h40 je me suis régalée, j’ai retrouvé pleins de choses que j’aime dans un film : de belle image, des sons agréables, des émotions, des sourires et de la surprise.

Alors courrez y, c’est un film comme on en fait plus beaucoup…

Il y a surement des tas de choses qui font que cela m’a atteint plus que cela va atteindre d’autre gens mais je pense sincèrement que cela vaut le détour.

La maladie y est bien representée : le fait qu’on arrête  pas de vivre la minute où un proche tombe malade, le fait qu’on essaye de garder le sourire car pleurer dans la rue auprès de quelqu’un qu’on a pas vu depuis 4 ans c’est pas très sympa, le fait qu’il n’y a rien de bien dans la maladie, sauf que cela nous rapproche. Et rien que pour ça, il faut allez le voir.

Je ne veux pas trop en dire pour ne rien gâcher alors je vous laisse avec la bande annonce…

La guerre est déclarée de Valérie Donzelli

Si vous aussi ce film vous a plu, ou si au contraire vous avez detesté, dîtes le moi…On pourra en parler. 

Rabbit Hole

18 avr

Vendredi soir, je suis allée au cinéma voir un film : Rabbit Hole. J’y suis allée car il y a Nicole Kidman et qu’elle me déçoit très rarement.

Sans surprise, je n’ai vraiment pas été déçue. Mon admiration pour cette actrice est totale et son rôle dans ce film est à couper le soufle. Et ce magnifique film la sublime plus que jamais.

Bref, je ne vais pas vraiment vous parler de ce film mais plutôt du thème qu’il aborde : le décès d’un enfant.

J’ai passé mes trois premiers mois d’externat en réanimation pédiatrique. Je ne suis pas une personne trop fan des enfants mais je choisissais en dernier, je devais faire un stage de pediatrie et celui là n’est pas très loin de ma maison.

Le premier jour, le chef nous a montré le service et nous a expliqué le fonctionnement et notre rôle. Il nous a preciser que la psychologue était disponible et qu’il ne fallait pas hésiter à la contacter.

Au debut j’étais un peu perplexe.

La première semaine c’est bien passé, j’ai adoré travailler avec ces enfants, ils ont une combativité superbe, le regard plein d’espoir vous en donne aussi et le paradoxe d’une unité de réanimation avec les jouets des enfants et les peluches qui colonisent le service est saisissant.

Puis un jour, est arrivé la petite Jade. 3 ans 1/2, le sourire ravageur d’une petite fille adorable et hélas une maladie pas marrante : l’oxalose.

Elle sors de greffe et malgré tout ce qu’elle vient de vivre, elle arrive à me montrer ses dessins et à rigoler à la vue des miens.

Bref avec les enfants, je me suis rendue compte qu’il est  impossible de ne pas s’attacher.

Au bout d’une semaine, on commence à parler de sortie, quand tout se complique brutalement, le greffon arrête de fonctionner. Sa fonction hépatique se degrade et sa fonction rénale déjà bien mauvaise ne fait qu’empirer. Staff, réunion et autre ne lui donne pas beaucoup de temps, mais les chirurgiens l’ont mises en attente pour une greffe rein+foie et moi j’y crois. C’est avec tristesse que je vois mes chefs l’intuber. Et un lundi matin, j’arrive, sa chambre n’est pas vide, mais ce n’est pas elle.

Je m’assoie et attend le staff : Jade est décédée dans la nuit de samedi.

J’ai attendu en me mordant les lèvres la fin du staff et je suis allée dans le vestiaire, je me suis mise à pleurer. Ma vie personelle n’était pas des plus simple, et perdre cette petite m’a fait beaucoup de mal. J’ai pendant longtemps imaginé ses parents et sa famille, je me demandais comment il avait vécu cela, et comment on pouvait s’en remettre.

Je crois qu’on ne s’en remet jamais vraiment mais il y a une idée dans “Rabbit Hole” que j’ai bien aimée. Le sentiment de tristesse et cette colère, c’est ce qu’il vous reste de votre enfant alors on préfère ne pas s’en séparer et c’est cela qui rend le deuil difficile. Ce film montre les sentiments parfaitement et c’est surement pour cela que j’ai adoré.

Moi j’ai tourné la page, je suis passée à d’autres patients, tous ne s’en sont pas sortis mais certains oui. Et c’est avec un immense sourire qu’un jour, dans l’ascenseur, est entré Elsa, une petite greffée qui a mis du temps a sortir de réanimation. Sa maman lui avait donné un bout de son foie pour la sauver et, elle était là, debout souriante et en pleine forme dans ce petit ascenseur. Elle ne m’a pas reconnue mais ces parents oui. J’avais passé une heure à tenir sa petite main pendant un examen de radiologie interventionelle et ils s’en sont souvenus. Ils m’ont souris et ont dis à la petite de me dire merci. Je crois qu’elle n’a pas trop compris mais elle l’a fait. La joie que j’ai ressentie à ce moment dépasse beaucoup de bon moment de ma jeune vie.

Tout ca pour vous dire que la pediatrie ca m’a bien plus, psychologiquement parlant j’étais quand même bien contente de changer de service mais j’en garde un excellent souvenir.

Pour ceux que cela interessent :

Rabbit Hole de  John Cameron Mitchell – En ce moment dans les salles…

Une jolie critique : Rabbit Hole 

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